J’ouvre de nouveau un blog après avoir fermé le précédent il y a environ un an.

Pourquoi re-créer un blog? Je ne sais pas trop. Je réagis souvent à des paroles que j’entends, des attitudes, des articles ou des reportages. Cette fois, j’ai décidé de partager mes interrogations sur wordpress.

Vendredi et samedi (4 et 5 avril 2008) j’ai assisté à un colloque à Nantes : Regards sur le cosmopolitisme européen : frontières et identités. A plusieurs reprises des paroles m’ont choquées. Notamment : “la chute du communisme” qui semble être le raccourci préféré de certains intervenants. Ma main droite et ma gorge m’ont plusieurs fois démangées. J’aurais dû l’ouvrir et rappeller à ces charmants professeurs que, en effet, en 1989 un mur est tombé et qu’en 1991 l’URSS a été dissolue mais que le communisme, les militants, les idées et un au moins un régime existent toujours.

Pourrait-on entendre à la place : la dissolution du bloc soviétique communiste ou je devrais dire socialiste soviétique? ou l’effondrement de l’URSS?

J’aimerais également que l’on m’éclaire. J’ai pu entendre qu’économie et marché sont deux concepts différents.  Ah bon! Peut-on avoir l’un sans l’autre? J’imagine un marché sans économie. Il s’agirait de troc. Peut-on avoir une économie sans marché? J’ai beau réfléchir, je ne trouve pas d’exemple.

Autres paroles étonnantes du 5 avril : le marché est porteur de valeurs lesquelles citées par Muriel Rouyer sont “dignité, liberté et égalité”. L’idée de dignité serait empruntée à Derrida. Muriel reconnait tout de même qu’il existe des tensions puisque pour reprendre à peu près ses paroles “le marché aliène aurant qu’il libère”.  Au moins on est d’accord sur un point.

Caricature étudiante de cette conférence, j’ai nommé l’étudiant de Sciences Po comme on se surprend à se le stéréotyper. Comme je pouvais me l’imaginer lorsque je passais mon bac avant qu’une de mes amis proches fasse Sciences Po et que plus tard je rencontre mon ex qui étudiait également les Sciences Politiques. Je sais que la caricature est fausse et injuste mais celui-ci était une caricature.

On ne doit pas juger les gens sur leurs apparences. Jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche, j’avais mis de côté son style petit bourgeois portant un jean (parce que quand même c’est la norme et ça fait décontracté) mais qui à des mocassins aux pieds, une chemise et une veste sur les épaules, une coupe de cheveux impéccable. Bon très bien passons. Nous touchons à la fin de cette conférence-qui fut empreinte d’idées que je qualifierais de droitistes et parfois saupoudrées de justice sociale- les sociologues closent le colloque et enfin les gauchos ont la paroles.

Nous abordons la questions des demandeurs d’asile.  Caroline Savi (environ 40mn auparavant ) vient de nous affirmer que les demandes d’asiles ont diminué sans doute parce que les procédures d’obtention d’asile se sont compliquées, les conditions de rétentions se sont durcies, ect. Elle vient de nous rappeler que les personnes qui font ces demandes ne rêvent que d’une chose : de régularité,  et que ces personnes sont à l’origine de leur demande.

Et voilà que notre cher étudiant pose les fausses questions fatidiques a Goulven Boudic (autre intervenant de cette journée) : “Se pose la question du nombre?” “Il faut bien imposer des quotas?” … encore une fois je cite avec approximation. Je lui aurais bien demandé s’il était encarté à l’UNI. Quelles solutions aurait-il à proposer pour que les demandeurs d’asile puissent vivre dans la dignité dans leurs pays d’origine? Je sais que la misère est toujours plus supportable quand elle n’est pas là sous notre nez, quand on n’a pas à remettre en question le système dans lequel on vit et qui laisse une frange de la population mondiale sur le carreau.

Après tant d’indignations, ai-je besoin de vous dire de quel côté de l’échiquier politique mon coeur penche?

En espérant que mon prochain billet ne soit pas un coup de gueule.  

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