Mis à part le colloque auquel j’ai assisté, j’ai aussi pu un peu profiter de mon weekend Nantais. La dernière fois (et première fois) que j’étais montée à Nantes j’ai découvert un bar “le violon dingue” , un bistrot je recommande à tout le monde. Vendredi dernier je suis donc retournée dans ce bar qui organisait un concert le 4 avril. Le groupe qui se produisait se nomme the Hugga Broomstick, ils sont de N.Y. et était décrit sur leur affiche comme faisant partie de la scène anti-folk New Yorkaise (le genre d’étiquette qui vous parle ou non).

Bref je les ai trouvés fantastiques. Ils étaient complètement décontractés et décallés. Ils étaient 5 cinq sur scène. Une guitare, un clavier, une scie, une batterie et des percussions minimalistes (cymbales+kazoo) Le guitariste chanteur a, au bout de la deuxième ou troisième chanson, baissé son pantalon à la demande d’un spéctateur et à continué le concert en slip. La chanteuse joueuse de scie a montré ses seins. Le batteur jouait sur une batterie 1/2!  Et oui, ils sont en tounée européenne et sans doute que c’est plus simple de déplacer une batterie 1/2 qu’un kit standard. Le clavier jouait sur un casio à peine plus grand qu’un clavier d’ordi.

Je leur ai achété un cd en partant, pas le plus cher car je n’avais plus de fric. En attendant vous pouvez les retrouver sur myspace www.myspace.com/lehuggacoustique ou sur leur site internet : www.huggabroomstik.com .

Evidemment je les trouve meilleurs en concert qu’en studio, mais comme je ne leur ai pas acheté leur dernier cd mais un de leurs anciens, puis-je vraiment juger?

 

Allez, hop on saute du coq à l’âne. Outre ma vie étudiante que je mène depuis de nombreuses années (redoublement partiels, long cursus…) Je mène depuis peu en parallèle une vie de salarié du grand capital pour une entreprise mondiale de restauration rapide dont je tairai le nom. Ils n’ont pas besoin de mon humble publicité. Ce soir, j’étais à, ce que l’on appelle entre-nous (employés), l’encaissement = l’endroit du drive où on vous encaisse et où parfois on prend aussi votre commande. Un  couple d’étudiants veut me passer une commande, faisant mon travail je leur demande de me présenter leurs cartes d’étudiants afin qu’ils puissent bénéficier de leur réduction. Ils se mettent à les chercher dans leurs portefeuilles, bagages et pare-soleil. 2mn plus tard ils n’ont toujours rien trouvé. J’étais en train de me dire  : “bon tant pis, je lache l’affaire et je leur colle la réduc” -même si je dois systématiquement vérifier les titres des bénéficiaires- quand mon manager inquiêt de ne pas voir de commande s’afficher sur son écran de contrôle (lui, le manager servait le drive = il vous tend votre sac de nourriture à la dernière fenêtre) vient me demander ce qu’il se passe. Je lui explique que j’ai demandé aux étudiants leurs cartes et qu’ils les cherchent.

Mon manager explique aux clients que pour des raisons de rapidité ils sont invités à se garer et à chercher leurs cartes sur le parking et à venir prendre la commande en salle ainsi ils obtiendront leurs reductions et ne paralyseront pas la file d’attente du drive qui s’allonge (déjà 5 voitures derrière eux, il est environ 19h).

Les clients se ravisent et décident de prendre une commande sans réductions étudiantes : étaient-ils vraiment étudiants? Avaient-ils la flemme au point de chercher dans leurs affaires et faire la queue en salle? Ne vont-ils jamais à la BU emprunter des livres?

Enfin, je prend leur commande. Dès qu’ils ont fini de commander, au moment où je m’apprête à leur annoncer le prix, le chauffeurs embraye, accélère un grand coup et ils partent de la file comme des voleurs. Voilà, ils nous punissent pour avoir fait notre travail : c’est-à-dire éviter les arnaques de clients peu scrupuleux (et oui il y en a) et rester poli. Et dire que je voulais être sympa quitte à me faire “gronder” si on m’avait vue ou entendue leur passer la promotion sans justifications.  Je tiens également à dire que les clients qui se trouvaient dans le véhicule suivant ont été étonnés du comportements des étudiants et ont voulu savoir ce qu’il venait de se passer tant ils ont trouvé le demarrage en trombe déroutant.

Heureusement que sur mon lieu de travail l’ambiance est globalement bonne, que les chefs ne sont pas des tyrans et que l’on sert aussi des clients aimables et souriants qui rattrapent tous ces cons que nous voyons défiler. Tout ceci nous permet d’oublier partiellement la mécanique de ce travail (nourriture grasse, profit maximum pour les propriétaires et la marque, précarisation du travail, méthodes de travail uniformes et expressions répétées à outrance, j’en oublie certainement…)

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